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Des fins et des moyens (c’est au pied du mur qu’on voit le maçon)

lundi 4 août 2014, par Miette

Anti-démocratique ? Intrusive La CGT des services publics ? Non voyons... quelle idée ! D’ailleurs, on y a la vision tellement large, on y est si tolérant et pédagogique qu’il a été prouvé qu’un syndicat affilié à cette union peut se gangrener par infusion des "valeurs" de l’extrême droite durant des mois, sans que rien de suspect n’apparaisse dans les radars de la fédé. Ou plus exactement sans que la fédé ne se manifeste.

Car il aura fallu attendre que le secrétaire général du syndicat en question présente sa candidature aux élections municipales sur une liste du Front national et que, par conséquent, l’opinion publique (en quelque sorte "la rue", par apposition au Château de Montreuil) ne puisse plus douter de la collusion de certains membres du syndicat avec les "idées" de l’extrême droite, pour que les instances supérieures de l’orga. se décident à réagir. Mots clés : cgt, nilvange.

Tout est arrivé si rapidement... hein ? La peste a frappé du jour au lendemain. Si subitement, mais si fort, que les vingt-six adhérents du syndicat ont majoritairement refusé de désavouer leur secrétaire général, et qu’il a fallu bricoler une procédure d’urgence pour tirer le cordon sanitaire. Ce n’est pas sur le site de la FDSP qu’on peut vérifier l’hypothèse (occultation, occlusion, forclusion), mais on peut raisonnablement parier que le fameux alinéa scélérat 3 de l’article 15 des statuts aura été "vendu" aux touristes de « La croisière s’amuse » (Ajaccio, mai 2011) à l’occasion de cette lamentable histoire. Car en mars 2011, le traitement du problème fut nettement plus laborieux que le nôtre (dont on ignore encore à ce jour, et sans doute pour toujours, la véritable nature, hommage involontaire à Kafka). Les fachos auront décidément rendu bien des services... (saloperie gratuite, ne passez pas par la case CoGeTise et jetez votre atout au tas).

C’est peut-être parce que le "cher camarade" (de La Cgt de toutes et tous les amis sans exclusive) en question est passé du NPA au FN que personne n’a rien vu venir ? Ou peut être que la majorité des adhérents du syndicat en question partageait les idées de son secrétaire général ? Peut être même qu’ils l’ont élu, lui, parce qu’ils se reconnaissaient dans ses idées ? Non, c’est impossible, car ces "camarades" appartenaient à La Cgt. Or La Cgt se prononce clairement contre les idées de l’extrême-droite... D’ailleurs la section a finalement été désaffiliée, non ? Voilà, c’est tout propre ! et il ne s’est jamais rien passé.

Donc rien à voir avec la Cgt CG59, puisque la présence de deux conjointes de permanents de l’UD ou affiliés dans le sextuor tutélaire garantit sa probité. À peine si, après quelques verres à notre propre congrès ou il s’était invité avec une phalange de démocrates aux gros bras dans un "syndicat de bonnes femmes", le secrétaire général de l’UD du Nord confesse, sans qu’on lui ait rien demandé (magie du vin), avoir entendu des "horreurs" sur les Rrom lorsqu’ils avaient touvé refuge à la Bourse du Travail de Lille. Cela après qu’ils furent expulsés pour ne pas gâcher la fête de l’inauguration du Grand stade Víctor Jara de MMmes Aubry (PS) et Demessine (PC) — mais c’est une autre histoire.

Hasard, on a entendu les mêmes choses dans nos réunions de bureau ou de CE. La preuve de l’entente conjugale par le Rrom. Qu’on se rassure sur leurs motivations, leur dévouement, leur sens du sacrifice et la rigueur de leurs "opinions", naturellement exemptes de tout ressentiment ; le carburant de l’extrème droite, justement. Simplement du gros bon sens : si les pauvres puent au guichet, c’est parce qu’ils puent. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures. Ce n’est tout simplement pas agréable, et il faut avoir l’esprit drôlement tordu, démocratiquement carencé, pour en extrapoler quoi que ce soit.

Aussi, lorsqu’une coalition aussi improbable qu’opportuniste comptant "progressistes" sociaux-démocrates notoires, "honorables correspondants" presque aussi notoires, et surtout excellents camarades animés par toutes sortes de bons sentiments que l’air du temps permet maintenant d’exprimer sans complexe (le tout emmené au son du pipeau culturel par un histrion épris de lui-même), lorsqu’une escouade de conjurés, donc, qu’on n’a jamais vu prendre la moindre position tranchée devant les instances de "concertation" va chialer qu’elle n’arrive pas à prendre le pouvoir (et pour cause puisque se sachant très largement minoritaire elle n’a même jamais tenté de le prendre à la loyale) la fédé, épaulée par le procureur Delbar de l’UD, démarre au quart de tour et parvient, à partir de rien (la démission en mars de deux SG, démocratiquement remplacées dans les jours qui suivent en attendant le congrès prévu de longue date pour la mi-juin) à systématiquement encourager et organiser le travail de sape d’une quinzaine (?) de factieux, enfin soutenus dans leurs légitimes aspirations. À bien beurrer la merde. En toute connaissance de cause sur la composition du produit.

Aussi, lorsque quelques "fachos !" fusent dans une assemblée où de généreux syndiqués viennent de refuser le soutien à une camarade luttant contre l’expulsion d’un étranger mineur, il faut se persuader qu’il s’agit bien évidemment de propos insultants inadmissibles. Méprisants, même. Et pour tout dire : autoritaires, dans la Cgt de tous les amis qui doivent penser comme le plus grand nombre (ce qui constitue la meilleure garantie de ce qu’ils ne peuvent pas se tromper). Baptiste Talbot "désapprouve" ce genre de réaction. Et l’a fait savoir en signant l’ouverture des hostilités. Il préfère, dit-il, l’explication, la pédagogie, la patience, quoi... D’ailleurs, si l’on devait se passer des cotisations et des suffages de tous les ami-e-s qui insistent sur la différence entre politique et syndicalisme (vous connaissez la rengaine) où irait-on ?

L’expérience est en cours.

Mais ce qui est sûr, c’est qu’après avoir vu nos aimables tuteurs à la manoeuvre au cours de ces derniers jours, exhiber ce qu’ils ont dans le ventre et ce dont ils sont capables, on se gardera bien de les traiter de "staliniens". Faut pas tout mélanger...

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